NOUVELLES DE LA COMMUNAUTE

 

Au sommaire :

- Conférence de Jean-Marie Pelt, le samedi 5 février 2011

- Animation musicale pour les enfants avec Jean-François Kieffer, "le papa de Loupio", le samedi 11 décembre 2010

- Conférence de Claire LY, le samedi 20 novembre 2010

- Conférence de Dominique Collin, le samedi 24 avril 2010

- Rencontre avec Sébastien de Fooz, le samedi 20 février 2010

- Conférence d'Olivier Legendre, le samedi 5 décembre 2009

- Conférence de Madame Colette Nys-Mazure, le samedi 27 juin 2009

- Homélie du Père Reginster lors des funérailles de Soeur Gertrude, le mardi 19 mai 2009

- Homélie du Père Reginster de Pâques 2009

- Décès de Sr Cécile, le 2 janvier 2009

- Journée des bénévoles, lundi 22 décembre 2008

- Conférence de Gabriel Ringlet, samedi 18 octobre 2008

- Week-end Wallonie Bienvenue, 11 et 12 octobre 2008

- Journée des bénévoles, lundi 23 juin 2008

- Balade gourmande, le dimanche 1er juin 2008

- Concert choral, le dimanche 2 mars 2008

- Décès de Sr Madeleine, le 22 janvier 2008

- Bénédiction abbatiale de Mère Marie-Pascale, le 21 novembre 2007 (voir plus bas)

 

 

 

 

Ce samedi 05 février 2011 à 14h30, nous avons eu la joie d'accueillir

Jean-Marie PELT, auteur du livre " Nature et Spiritualité " et Fondateur en 1971 de l'Institut européen d'écologie à Metz

Plus de 160 personnes sont venues écouter J-M. Pelt évoquer l'enseignement biblique, coranique, bouddhique, et même amérindien sur les rapports de l'homme avec la nature. L'utilisation effrénée des richesses que produit la terre amène à toujours plus de dégradations, de pillages, de dégâts irréversibles. Un monde de sages dans un monde de fous, voilà ce que propose avec force et conviction Jean-Marie Pelt, fondateur de l'Institut Européen d'Ecologie. Croyant, il a beaucoup échangé avec Théodore Monod, et leur conviction commune est que nous n'avons pas encore commencé à vivre l'idéal évangélique "pour de bon", et que là seulement est la possibilité d'enrayer la machine à dégrader, pour mettre petit à petit en route un mouvement de fraternité universelle. Il a été disciple de Robert Schuman à Metz, et l'Europe des 27 qui ne se font plus la guerre est déjà un énorme pas en avant : "c'est déjà mieux" ! Reste à trouver les moyens de "vivre autrement", à tous les niveaux, ce qui ne sera pas facile, mais la nombreuse assistance présente montre l'intérêt réel qui est porté à toutes ces questions d'écologie.

 

Ce samedi 20 novembre 2010 à 14h30, nous avons eu la joie d'accueillir

Claire Ly, auteur du livre "Revenue de l'enfer"


Fille de Bouddha, survivante des Khmers rouges, disciple du Christ, Claire Ly était à l'Abbaye Notre-Dame de Brialmont ce samedi 20 novembre où elle a livré un témoignage percutant de son itinéraire spirituel qui l'a menée de l'enfer des Khmers Rouges à la découverte du christianisme en France, où elle réside aujourd'hui. Le public a particulièrement goûté son témoignage « qui nous fait relire l'Évangile avec un regard nouveau ! »

Elle a connu l'enfer des Khmères Rouges, l'assassinat de son époux, de son père et de ses deux frères. Intellectuels ils devaient disparaître pour qu'une société nouvelle puisse naître. Elle a connu l'horreur des camps de travail. Enceinte de deux mois et accompagnée d'un enfant de trois ans, elle a été condamnée aux rizières, un travail pénible et insalubre. Il fallait qu'elle aussi naisse à une mentalité nouvelle et devienne une paysanne modèle. Comment sortir de cet enfer, comment survivre à tant d'imbécile cruauté ?
"C'est la haine du Dieu des Occidentaux qui a nourri ma révolte et fait tenir envers et contre tout. Si ce mal nous est tombé dessus cela devait être à cause des occidentaux de leur Dieu et les idéologies marxistes qui prônent la lutte des classes".

Réfugiée en France, elle est accueillie par des êtres de chair et de compassion. Elle découvre un écrit de Jean-Paul II et les évangiles. Là s'opère un retournement complet par rapport au Dieu des chrétiens. Elle s'émeut devant le Christ, son être, ses attitudes et son message d'amour, de compassion et de justice. Elle demande le baptême et l'entrée dans la communauté chrétienne. Elle ne se dit pas pour autant convertie car elle ne renie rien de ce qu'elle a vécu comme bouddhiste, pour elle sa foi antérieure a été un chemin vers la foi d'aujourd'hui.
Actuellement elle enseigne à Marseille et est fort engagée dans le rapprochement des religions. Elle fait des conférences, écrit des livres et répond à de nombreux appels de communautés qui souhaitent accueillir son merveilleux témoignage.

Pour Claire Ly, comme pour Christian de Chergé, prieur de Tibhirine qu'elle connaît bien, il faut voir autrement la mission de l'Église qui est d'abord une offre d'hospitalité : accueillir l'autre dans ses richesses et se différences. La mission est Visitation et travail de reconnaissance de l'Esprit déjà à l'œuvre chez l'autre, chez tous les autres.

A une question posée sur l'éventualité du pardon, elle répondit :
Je suis retournée au Cambodge, sur la terre de mes souffrances et j'ai dit à mes enfants : je ne puis pas oublier et pardonner les crimes vécus, mais je peux m'unir à la prière du Christ en croix priant Dieu en ces termes : « Père, pardonne-leur, ils ne savent ce qu'ils font ». Après tout, dit elle encore, je ne suis qu'une chrétienne médiocre.

Gilbert Muyjtens

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Ce Samedi 24 avril 2010, nous avons eu la joir d'accueillir

Dominique COLLIN, auteur du livre : "Pour un christianisme parabolique"

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Ce 20 février à 14h30, nous avons eu la joie d'accueillir

Sébastien de Fooz

auteur du livre "A pied vers Jérusalem, la traversée d'un désert intérieur ..."


En 2005, Sébastien de Fooz a pris la route, à pied, avec un bâton et cinquante euros en poche. Après Rome et Compostelle, Sébastien fait Jérusalem à pied. Six mois environ pour atteindre Jérusalem, le but réel et symbolique de son périple. Progressant péniblement à travers une douzaine de pays, il s'est abandonné à la grâce de rencontres providentielles et, s'il a réussi à atteindre sans encombre Jérusalem, c'est bien grâce à l'aide renouvelée d'une foule de cœurs simples et ouverts qui, par leur bonté, l'ont réapprivoisé à la sortie des ombres, des angoisses et des terreurs qu'il lui a fallu surmonter jour après jour. Cette longue route vers l'Est qui traverse les trois religions monothéistes est aussi celle de la déconstruction personnelle : quand tombent les peurs, les préjugés, les réflexes de protection, transparaît alors quelque chose qui est au plus près de l'humain, en ce qu'il est aussi ouvert à l'infini.

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Conférence d'Olivier Le Gendre

écrivain, journaliste français, militant religieux et grand connaisseur des milieux chrétiens

« Confession d'un cardinal » - Rencontre avec l'auteur : l'avenir de l'Eglise

L'église était comble ce samedi 5 décembre à l'abbaye de Brialmont. C'est que Olivier Legendre venait rendre compte de son livre : Profession de foi de quel cardinal ? Le secret n'a pas été levé. Profession de foi de l'écrivain ? Sans aucun doute....


L'auteur se situe d'abord à Rome et jette un regard en arrière sur le fonctionnement de l'Eglise de Jean XXIII à Jean-Paul II. Des anecdotes intéressantes et significatives. Quelques gestes de Jean XIII, annonciateurs d'un possible renouveau. L'attentat programmé contre Jean-Paul II, un pape particulièrement gênant à l'Est. "Le climat anxieux lors du dernier conclave qui a choisi en précipitation le cardinal Ratzinger, jugé alors seul cardinal capable de se mesurer aux grands de ce temps ( en première ligne lors des funérailles de Jean-Paul II)".

La rencontre avec le cardinal en Avignon invite le lecteur à faire un pas de plus pour saisir l'interrogation profonde née de l'actualité. Comment se fait-il que les massacres au Rwanda aient pu se faire dans un pays considéré, au dire de tous les observateurs, comme modèle d'évangélisation ? Ne s'est-on pas radicalement trompé quant aux critères posés par rapport à ce qu'est évangéliser? Une Eglise puissante, un régime de chrétienté ne conduisent-ils pas toujours à une fameuse illusion ? questionne l'écrivain.

D'où la volonté d'un retour à la chrétienté est une erreur grave. N'est-on pas arrivé aujourd'hui au temps d'une interrogation radicale et très humble ? Commencer par faire oeuvre de repentance. Il faut que l'Eglise se fasse servante, montre qu'elle aime le monde et se mette radicalement au service de ce monde que Jésus a sauvé.

L'avenir de l'Eglise - par manque de temps le sujet n'a pas été suffisamment développer par l'orateur- résiderait dans sa capacité d'être une force spirituelle pour humaniser le monde. Une force spirituelle qui ne cesse de rappeler la tendresse d'un Dieu amoureux de l'homme, de tout homme. Pour cela il faut des gestes, des signes universellement reconnus. Mère Téresa, Soeur Emmanuelle et aujourd'hui encore Jean Vanier sont de ces témoins incontestables d'une Eglise qui se fait pauvre et se met au service des pauvres puisant sa force et son énergie en celui qui nous a rejoints à Noël.

Comme Dieu se fait proche en Jésus de Nazareth, le chrétien, mu par son Esprit, est appelé à se faire proche des autres avec une priorité, le choix des pauvres.

Ctb/diocèse de Liège

 

 

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Samedi 27 juin s'est tenue à Briamont une conférence de Colette Nys-Mazure. Le public venu en nombre,

environ 140 personnes, a réagi positivement aux propos de l'écrivaine.

Le thème de la conférence était : " C'est aujourd'hui, l'âge de vivre".

Au travers d'élements de sa biographie, de son parcours où elle a été confrontée à la souffrance dès son plus jeune âge,

elle nous a invités à être des "éveillés, des veilleurs, des émerveillés." Bel élan d'espérance, de confiance au coeur d'un monde parfois désabusé.

 

 

 

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En ce 6ème dimanche de Pâques,

17 mai 2009


Sœur Gertrude THIBAUT

est entrée dans la Lumière de la Résurrection.

Née le 11 septembre 1920 à Couillet (Belgique),
elle était entrée à Saint Gérard en 1941
et avait fait sa profession perpétuelle en 1948

Homélie des funérailles de Soeur Gertrude. Brialmont. Ev. St Jean, 6ème Pâques de Brialmont

Très chères Sœurs, cher Père Thibaut, chers amis de sœurs Gertrude,

La mort n'est pas toujours l'issue fatale, le drame épouvantable, l'inconnue ... Pour certains, c'est vrai, elle vient tout briser, les projets, les rêves, les relations ; pour d'autres elle est comme l'accomplissement de toute une vie. Et cela ne veut pas dire que cette mort n' apporte avec elle aucune peine, loin de là. Mais elle est acceptée plus facilement, surtout lorsqu'elle est ressentie comme l'achèvement d'un long travail, d'une longue peine. Les chrétiens ont une façon bien à eux de regarder la mort; si elle reste un déchirement, elle est loin d' être l'anéantissement ; elle est au contraire une pâque, le passage obligé vers un au-delà, un ailleurs plein de lumière et de paix. Si la mort reste pour eux comme pour tout le monde le mystère le plus grand, les chrétiens ont en secret un ressuscité, et tout est changé.

Sœur Gertrude s'en est allée; elle a eu une grande place dans votre coeur, dans sa famille, dans la communauté. Sa mort nous apparaît comme une fin de nuit. Toutes les lumières s'éteignent parce que le jour se lève. Pour elle, aujourd'hui, s'est levée la lumière, la lumière de Seigneur. Elle vient tout simplement de lâcher prise, de s'abandonner; laissant là ce corps de souffrance qui était le sien, ce corps qui l'empêchait surtout ces derniers mois de communiquer , elle l'a abandonné, et cela lui permet d'entrer dans une toute nouvelle forme de communion avec ceux et celles qui l'aiment, une communion plus intérieure, plus intime et plus profonde. La mort pour elle, est comme une nouvelle naissance, un envol, une délivrance, une sorte de libération. Elle la désirait, elle l'attendait avec patience et beaucoup de sérénité.

Le Seigneur lui a dit: "viens maintenant. passons sur l'autre rive", et elle, elle a aussi simplement déposé son tablier et revêtu sa robe de fête pour aller rejoindre ceux et celles qu'elle a aimés à la grande table du royaume, au pays de l'amour qui est le pays de Dieu. C'est ainsi qu'elle s'en est allée, sans bruit, avec la sereine espérance qui l'habitait.
Quand je pense à Sœur Gertrude, je pense à Marie dont elle a porté tant de traits dans son coeur et dans sa vie. Elle en a vécu tous les mystères: mystères joyeux, mystères glorieux qu'elle aimait vivre dans les grandes fêtes liturgiques; mystères douloureux aussi dans sa propre vie, particulièrement au cours des ces dernières années . Jusqu'au bout elle a gardé son caractère entier, ferme et on peut le dire, quelque peu autoritaire ; c'était un fameux numéro, Sœur Gertrude ! Peu obéissante aux recommandations de son entourage, elle a pris des risques et plus d'une fois, ça lui a valus cassures et immobilisation. Gardant bien sa tête, elle a beaucoup souffert de sa maladie, qui l' a progressivement empêchée de continuer ses relations épistolaires, relations dans lesquelles elle donnait le meilleur d'elle-même. Elle avait le sens de l'accueil, et on ne sortait pas de sa chambre sans avoir reçu une tasse de café ou quelques friandises. La maladie l'a progressivement isolée, mais et en même temps elle l'a spirituellement purifiée. elle a pu s'abandonner comme un enfant qui a confiance.
Elle vient comme nous le disons volontiers de vivre sa Pâque, son passage au pays de Dieu, le pays de l'amour infini. Elle a vécu dans une sereine espérance cette inébranlable certitude que Dieu était avec elle, qu'il était son appui, son rocher, la source de tout amour. Et c'est ce qui l'a aidée à se dépasser, à grandir, à aimer tout simplement.
Et la vérité de sa vie, c'était sa foi en Jésus ressuscité, vivant aujourd'hui au coeur des hommes, sa foi en Jésus de l'amour duquel elle s'est nourrie au quotidien, sa foi en l'évangile qui n'est pas une parole captive, mais une parole qui libère, qui envoie et fait grandir. C'est cet évangile là que toute sa vie proclame bien au-delà de sa mort.
Ce passage de Jean que nous venons de réentendre nous parle de Dieu, sans doute, mais aussi de nous-même, de sœur Gertrude. .. " Tous ceux qui aiment son enfants de Dieu, ils connaissent Dieu " … " Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis… " Tout cela est vrai pour sœur Gertrude et pour chacune et chacun. Son départ nous remet face à nous-mêmes, au rêve profond de notre jeunesse quand nous avons dit Oui au Seigneur : 'C'est moi qui vous ai choisis pour que alliez, que vous portiez du fruit… " …C'est l'appel que tous nous avons entendu.
Allez, aimez, c'est tout ce qui compte pour le bonheur de l'homme, ne remettez pas à plus tard l'amour qui vous est demandé aujourd'hui. C'est l'amour qui est à vivre au quotidien dans la patience, dans l'accueil de la différence, dans toutes sortes de petites attentions, dans la tendresse qui est un des fruits de l'amour.

Avec elle et pour elle, pour ce qu'elle a été et donné de meilleur d'elle-même, nous pouvons maintenant rendre grâce au Seigneur.

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Homélie du Père Reginster lors de la célébration de Pâques 09 à l'Abbaye de Brialmont

Vous connaissez peut-être cette chanson de Francis Cabrel dans laquelle il fait parler Dieu :
" Je vais, dit-il, aller m'asseoir sur les rebords du monde pour voir ce que les hommes en ont fait ". Et que voit-il ? Quantité de détresse ; des enfants martyrs, les enfants de la prostitution, des familles en exil, la violence et le sang. Et Francis Cabrel termine sa chanson en évoquant Dieu " qui s'est assis sur les rebords du monde et qui pleure de le voir tel qu'il est ".
Mais Dieu ne s'est pas contenté de rester sur les rebords du monde et de pleurer, nous osons croire qu'Il est venu pour l'habiter, ce monde, l'habiter tel qu'il est avec ses déchirures et sa violence gratuite, un monde avec ses trahisons (Judas vit encore), avec ses lâchetés (Pierre est encore bien vivant lui aussi) de même que Pilate qui se lave les mains laissant assassiner un innocent.
Oui, Jésus est venu, lui-même objet de la haine des bien pensants, de la rancœur de ceux que l'amour dérange; et voilà qu'après un simulacre de procès, comme tant d'autres sur notre terre, Jésus est crucifié. Pour ses disciples, c'est la fin du monde; en lui ils avaient tant espéré. L'air sombre ils vont fuir ce passé trop lourd à porter. Leur espérance est morte. Ils se souviennent, c'est vrai, de cet homme Jésus ; il ne parlait pas comme les autres hommes ; il avait dit : il faut une autre religion, pas celle de la loi qui réprime, mais celle de l'amour qui réconcilie. II avait dit : il faut une autre justice, une autre société : pas celle de la concurrence et du chacun pour soi, mais celle où tous les handicapés de la vie seront respectés et intégrés. Il avait dit qu'on ne peut surmonter l'injustice et la violence par d'autres injustices et d'autres violences. Et il était allé jusqu'au bout de ses convictions, (lui-même sur la croix a pardonné).
C'est vrai qu'en sa présence, on se sentait devenir meilleur, on était comme purifié par son regard ; chacun se sentait aimé, enfin aimé, quels que soient ses blessures, son passé et son péché. Cet homme n'avait sur les lèvres que des paroles d'amour, des paroles qui appelaient, qui relevaient, qui rendaient courage; et voilà qu'en deux jours, on avait réglé son compte: un procès bidon, un innocent mis à mort, l'amour a été crucifié ...
On imagine bien la tristesse de ses amis : leur espérance est morte, crucifiée avec Jésus. Tout allait de nouveau reprendre son cours comme avant ; et Dieu va donc rester là, assis sur les rebords du monde, pleurant de le voir tel qu'il est ...Les exclus resteront exclus, les gens en place resteront bien en place, les riches deviendront de plus en plus riches tandis que les miséreux verront grandir encore leur misère. Rien ne changera sous le soleil, ... c'est la mort dans l'âme, c'est la résignation ...
Et c'est dans cette atmosphère de tristesse qu'au matin de Pâques une nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Celui qu'on avait mis en croix, crucifié comme un bandit ..., il a fait sauter les verrous de la mort, il est vivant. Mais si c'est vrai, tout est de nouveau possible : c'est l'amour qui a gagné, le cercle infernal de la haine et de la vengeance est enfin brisé. C'est la vie qui l'emporte. Et depuis ce jour-là, le même message d'espérance est transmis de génération en génération quelqu'un est là qui
nous dit au plus fort de l'hiver que le printemps viendra; quelqu'un est là qui nous dit: ne reste pas dans ta mort, dans ta résignation, dans ta peur ou ta désespérance. Quitte ton manteau de tristesse, car je suis toujours avec toi.
Pâques pour nous, c'est un merveilleux appel à la vie. Puisqu'il est vivant celui qui était mort, nous pouvons désormais regarder le monde avec les yeux de la vie. Ne reste pas dans ta mort, relève-toi, et crois donc que tu peux changer le monde et faire changer la vie.
Aujourd'hui, c'est nous qui avons en dépôt les forces de la vie, et si nous avons quelque chose à apporter au monde, si nous avons une seule mission, une seule guerre à mener (la seule qui vaille la peine) c'est bien de lutter contre toutes les forces de mort qui asservissent le monde (devenir de jour en jour, personnellement et en Église, des artisans de résurrection)
Croire en la Résurrection, c'est croire que chaque jour Dieu nous appelle à une vie toute nouvelle, une vie donnée, animée de l'intérieur.
Croire en la Résurrection, c'est croire que chaque homme, chaque femme est beaucoup plus que le poids de ses os et que chacun a une destinée bien au-delà de celle des années passées sur cette terre.
Vous savez, Pâques n'est pas une histoire du passé, Pâques c'est pour nous aujourd'hui. Notre passage à travers la mort se réalise chaque fois que nous quittons le mensonge pour aller vers la vérité, chaque fois que nous évitons les chemins de vengeance pour aller à la réconciliation, chaque fois qu'en nos cœurs l'indifférence fait place à la compassion. Notre Pâque est en achèvement chaque fois que nous allons, quoiqu'il en coûte jusqu'à choisir la vie.
Le signe le plus parlant aujourd'hui de la présence du Christ Ressuscité, c'est l'ensemble des gestes que des hommes, poussés par l'Esprit, ne cessent de poser depuis 2000 ans. Le Christ continue à éclairer, à parler au cœur des hommes et des femmes épris de justice et d'amour, porteurs de pardon et de réconciliation.
(Histoire du Christ d'Aywaille : trouvé dans le bois ; les siècles lui ont fait perdre ses bras... Certains voulaient lui faire remettre ses bras. Nous avons refusé, parce que pour nous c'est un rappel au quotidien). Le Christ nous dit aujourd'hui qu'il n'a pas d'autres bras que les miens ... pour porter secours à qui en a besoin, pour caresser le visage d'un malade qui s'éteint sur son lit d'hôpital, pour serrer la main de celui qui n'en peut plus. Pour attester qu'Il est vivant, le Christ n'a pas d'autres bras, d'autres yeux, d'autres sourires ... que les nôtres. Si par Lui nous sommes ressuscités, notre mission aujourd'hui est de devenir des " ressuscitants ".
Bonnes fêtes de Pâques à tous et à toutes !

Abbé Michel Reginster.

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"Acclamez le Seigneur, terre entière, Sonnez, chantez, jouez.
Jouez pour le Seigneur sur la cithare, Sur la cithare et tous les instruments ;
au son de la trompette et du cor, Acclamez votre Roi, le Seigneur !" (Ps. 97).


Dans la Lumière de Noël et dans l’attente de la Résurrection,

la Communauté cistercienne de l’abbaye Notre Dame de Brialmont recommande à votre prière

SŒUR CÉCILE

Jeanne DE COSTER

 

qu’il a plu au Seigneur de rappeler à lui le 2 janvier 2009.

née à Zaventem (Belgique) le 10 novembre 1933, entrée à Saint Gérard le 25 mars 1958,

Profession perpétuelle le 31 octobre 1964, Vœux solennels le 24 février 1976.

L’Eucharistie des funérailles a été célébrée à l’Abbaye Notre Dame de Brialmont

ce lundi 5 janvier 2009 et suivie de l’inhumation au cimetière du monastère.

 

Célébration des obsèques de Sr Cécile, présidées par Dom Lode, abbé d'Orval.

Brialmont, le 5 janvier 2008.

Frères et Sœurs,

Nous sentons encore la chaleur de Noël et de l'Epiphanie, mais nous sentons aussi le froid très hivernal d'aujourd'hui. N'est-ce pas un peu la même chose dans notre cœur ? La chaleur de la fraternité et de l'amitié s'y dispute la place avec la tristesse liée à l'adieu. Je vous dis la bienvenu, autour de l'autel, où nous remercions le Seigneur pour ce que Sr Cécile a été pour sa communauté, pour sa famille et ses amis. A travers sa personne, Dieu nous fait signe pour que notre cœur aspire au repos auprès de lui. Dans cette eucharistie, Dieu fait lui-même la démarche vers nous, jusqu'en nous.

Recueillons-nous un instant pour vivre plus intensément la communion qu'il nous offre entre nous, mais aussi avec notre famille du ciel.

Homélie (1 Jn 3, 22 - 4, 6 ; Jn 1, 1-5.)

Chères Sœurs de Brialmont, chère famille, chers frères et sœurs dans le Christ,

Sr Cécile vient de nous quitter et on dirait qu'elle a choisi son moment : celui du temps de Noël. Dans la nuit de sa longue maladie, une lumière vient de briller, celle du Christ, la lumière de celui à qui elle a voué toute sa vie.

En nous laissant interpeller par les lectures, je dirais que Sr Cécile a été une bonne servante du Seigneur. Servante, parce qu'obéissante au commandement de Dieu comme la lettre de saint Jean vient de l'exprimer: " avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres" (1 Jn 3, 23). Ce double commandement - la foi en Jésus et l'amour du prochain - Sr Cécile l'a vécu en toute simplicité, avec beaucoup de cœur, et de façon très personnelle par la bonté qui était la sienne. Faisait aussi partie de sa personnalité : son grand effacement. Et pourtant elle aurait pu attirer l'attention sur elle-même, par son talent de musicienne et de cuisinière (qui ne se rappellera pas ses bons gâteaux ?) Hier, les rois mages apportaient à l'enfant Jésus de l'or, de l'encens et de la myrrhe, mais les cadeaux que Sr Cécile lui offrait avaient autant de prix. En servant ses sœurs et les hôtes de l'abbaye, elle aussi honorait Jésus en chaque personne. Ce que Noël nous apprend c'est qu'il y a une façon d'être petit qui rend grand, parce que le plus Grand est devenu tout petit. Jésus nous révèle que donner en toute simplicité est plus important que prendre et réaliser pour soi-même.

Maintenant Sr Cécile est proche du Verbe, la Parole de Dieu. La Parole de Dieu, elle l'a méditée toute sa vie, mais maintenant elle est près de Celui qui est la Parole en personne. Autant dire qu'elle vit plus pleinement qu'elle ne l'ait jamais fait, parce que - comme l'a dit l'évangile - " en [Christ] était la vie et la vie était la lumière des hommes [et] la lumière brille dans les ténèbres " (Jn 1, 4-5). La lumière de Jésus qui chasse les ténèbres est certainement aussi la lumière de sa bonté. Mais la bonté de Jésus doit se prolonger et se développer en chacun d'entre nous. Nous le savons bien : pour être bon il ne faut pas être particulièrement instruit. Il faut avoir un cœur et ce cœur, Sr Cécile l'avait en abondance. En plus, Sr Cécile a toujours porté un peu l'auréole de sa sainte patronne. Elle était musicienne. Je ne crois pas qu'elle était martyre, encore que… la petite Thérèse de Lisieux comparait la vie religieuse au martyr et pas sans raison!

Certes, nous n'aimons pas voir partir la personne que nous aimons ; c'est tellement humain. Et pourtant, la joie est là aussi de savoir qu'une fois de plus une de nos sœurs est allée jusqu'au bout de sa course. Elle a misé sa vie sur l'unique chose nécessaire. Et elle a eu raison. Le bilan de sa vie est là pour que nous le disions. Et elle nous entraîne avec elle dans la même direction : dans le même service, la même bonté, la même foi, le même effacement… parce que, pour celle ou celui qui aime, ce n'est que pur bonheur. Nous n'aimons pas la mort, c'est sûr. Mais Sr Cécile nous laisse l'image de la vie. Je suis frappé à quel point nos frères et sœurs malades ou âgés vivent le temps autrement que nous, qui courons pour être prêts avec ce qu'il faut faire. On a l'impression que le temps s'arrête auprès d'un malade, tandis qu'en fait le temps redevient ce qu'il est naturellement : une qualité d'être. C'est la qualité de la relation qui donne sens au temps passé auprès d'un(e) malade. Et tout à coup nous nous rendons compte que nous sommes faits pour cela : pour s'aimer et pour accepter d'être aimé.

Ici, devant Dieu et au nom de toutes et de tous, je dis merci à Sr Cécile pour celle qu'elle a été pour nous. Et nous disons merci à Dieu parce qu'il avait donné sa belle personnalité à Brialmont pour ses sœurs et pour beaucoup de personnes.
Cette eucharistie nous garde dans la conscience que nous ne nous quittons jamais, mais que le corps du Christ est communion et fidélité au-delà de la mort, parce que l'amour est le plus fort.

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Lors de notre rencontre des bénévoles ce lundi 22 décembre, nous avons eu l'occasion d'entendre un exposé de Mère Marie-Pascale sur la spiritualité de Noël chez les cisterciens, en particulier chez Saint Bernard, dont voici le résumé.

Le 22 décembre après-midi, avec les amis de Brialmont qui étaient là, nous avons partagé un peu à partir de deux textes extraits des biographies de Saint Bernard, celle rédigée par Guillaume de Saint Thierry, et celle de Geoffrroy d'Auxerre. Toutes les deux mentionnent un épisode de la vie de Saint Bernard, encore tout jeune, et qui ont été déterminants pour le développement de sa spiritualité et même de sa foi, de sa relation à Dieu. Vous connaissez peut-être ces deux textes.
" On était arrivé à la nuit solennelle de la Nativité du Seigneur ; et tous, comme d'habitude, se préparaient aux Vigiles solennelles. Comme la durée de l'office nocturne se prolongeait quelque peu, il arrivé que Bernard, qui était assis et qui attendait avec les autres fidèles, la tête inclinée, se laissa aller à somnoler. Ce fut alors que fut révélée à cet enfant la sainte naissance de l'Enfant Jésus, qui procura un accroissement de sa tendre foi, et inaugura en lui les mystères de la divine contemplation. [Une autre fois], il lui apparut comme un époux glorieux sortant de sa chambre. Il lui apparut comme s'il venait une nouvelle fois au monde, sortant, Verbe enfant, du sein de la Vierge Mère, d'une beauté qui surpassait celle de tous les fils des hommes, provoquant le ravissement de ce saint enfant dont les affections n'étaient déjà plus enfantines. Il resta alors intimement persuadé, et le déclara toujours ensuite, que l'heure de cette apparition avait été celle de la Naissance du Seigneur ".

" Il y avait à Châtillon une église - desservie alors par des chanoines réguliers -dans laquelle Bernard a été élevé dès son enfance. Ainsi donc, la veille de la Nativité du Seigneur, lorsqu'il était encore tout jeune garçon, comme il dormait dans la maison de son père, " … suit la description du rêve. Le biographe continue : " A l'instant, on sonna les Vigiles, et sa mère, le réveillant le revêtit avec soin de ses habits de [pensionnaire des] chanoine(s) et l'amena avec elle à l'église, selon son habitude. "
Le plus important est le contenu du rêve : " il lui sembla voir la Vierge enfanter et le Verbe-enfant naître d'elle ". Saint Bernard éclairera lui-même à plusieurs reprises le sens de cet événement : " Au sujet de cette vision, il avait lui-même coutume de dire qu'il croyait que c'était l'heure de la naissance du Seigneur ". Ou bien, dans un autre passage : " au sujet de cette vision, il avait lui-même coutume de dire qu'il croyait que ce qui lui fut montré alors, était le signe des nombreux mystères qui lui ont été révélés plus tard au sujet de cette même naissance du Seigneur ".

Le rêve de Bernard représente pour lui, et donc pour nous, qui nous trouvons en harmonie avec la spiritualité cistercienne, une expérience fondatrice : la grande découverte entrevue par Bernard encore jeune garçon, il l'a élaborée plus tard dans ses écrits, mais nous en avons ici le point de départ : Jésus-Christ vient maintenant, Jésus-Christ naît aujourd'hui, dans notre aujourd'hui, la rencontre de Jésus-Christ est pour maintenant, l'expérience de Dieu peut avoir lieu déjà ici, sur terre. Ce n'est pas une réalité eschatologique, réservée à une élite pour " demain ", pour la fin des temps, ni une expérience pour " après " la vie terrestre. Le rêve de Bernard, tout jeune, contient en germe toute la théologie de la vie spirituelle, toute la théologie mystique, celle de la relation vivante avec le Christ.
Si le Christ vient aujourd'hui, s'il vient dans l'aujourd'hui, si sa venue est pour chaque jour, dans le quotidien, dans le réel de la vie présente, alors, l'histoire humaine, collective et personnelle, a un sens, une densité en elle-même, sans être suspendue à un avenir lointain, situé à la fin des temps, inaccessible. Elle est histoire sacrée, où chacun est appelé à vivre pleinement, déjà maintenant, une vie de communion avec Dieu au quotidien : " J'entends mon Bien-Aimé, voici qu'il vient ". (Cantique des Cantiques)

Voilà les grandes lignes de ce que nous avons partagé, et qui peut nous aider à mieux entrer dans les fêtes qui sont à notre porte ! Joyeux Noël à tous !

 

 

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Ce Samedi 18 octobre, les salles de l'abbaye étaient combles.

Pas moins de 200 personnes sont venues écouter la conférence de l'Abbé Gabriel Ringlet sur un thème au titre éloquent :

"La mort, parlons-en tant qu'il fait beau".

La conférence a repris les étapes principales du livre récemment publié : Ceci est ton corps, où l'auteur écrit le journal de son accompagnement jusqu'à la mort d'une personne amie, membre de la Communauté où il vit maintenant. Développant son thème en quatre temps, Gabriel Ringlet a porté son attention et la nôtre sur quatre verbes : "devancer, accompagner, s'agenouiller, ressusciter". Une heure de conférence, et une heure, ensuite, de réponses à des questions de l'auditoire, bien dense !

A la fin, ceux qui le désiraient pouvaient acheter le livre, et demander une dédicace à l'auteur, et ils ont été nombreux à le faire ! Bref, une belle journée bien réussie !

 

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Le WE du 11 et 12 octobre, à l'occasion du WE Wallonie Bienvenue, les soeurs de l'Abbaye de Brialmont ont ouvert leurs portes et ainsi permis à quelque 500 personnes de profiter gratuitement d'une visite guidée et historique du château, de découvrir la champignonnière, l'église et le magasin monastique. A chacune des 6 visites programmées, l'affluence était étonnamment là. Une belle journée, bien aidée par la météo qui était, elle aussi, au rendez-vous!

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Lundi 23 juin 2008 - Journée des bénévoles

Un beau et bon moment de convivialité!

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Ce dimanche 1er juin, une "balade gourmande" a fait escale à l'abbaye.

Près de 250 personnes ont goûté à la gastronomie d'un restaurateur de Tilff dans le magnifique cadre de verdure du parc de l'abbaye.

Au menu, cochon de lait et "cappuccino" de Brialmont, petite coupelle remplie de velouté de champignons de Brialmont et de crème fraîche! un délice!

 

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Ce dimanche 2 mars 2008 à15h, en l'église de l'Abbaye N.-D. de Brialmont,

La communauté de Brialmont a eu la joie d'accueillir l'ensemble vocal

"A choeur Ouvert"

qui a interprété un très beau récital sur la Passion du Christ. Un récit en compagnie des grands maîtres de la musique sacrée : Bach, Handel, Purcell, Palestrina, Haydn, Mozart,..

 

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Béni soit Dieu qui ne m'a retiré ni ma prière, ni son Amour.
(Ps 65, 20)


Dans l'attente de la Résurrection,
la Communauté cistercienne de l'abbaye Notre Dame de Brialmont recommande à votre prière

SŒUR MADELEINE

Marguerite BIQUET

qu'il a plu au Seigneur de rappeler à lui bien avant l'aube du 22 janvier 2008

née à Waterschei (Belgique) le 23 février 1913, entrée à Sorée le 21 novembre 1938,
Profession temporaire le 21 novembre 1940, Profession perpétuelle le 21 novembre 1943,
Vœux solennels le 24 février 1976.

Célébration des obsèques de Sr Madeleine, présidées par Dom Lode, abbé d'Orval.

Brialmont, le 23 janvier 2008.

 

Frères et Sœurs,

Durant l'office de nuit nous chantions ce matin à Orval le psaume 83. Au premier verset j'ai spontanément pensé à notre Sr Madeleine : " Que tes demeures sont désirables, Seigneur, Dieu de l'univers. "
La demeure du Seigneur : l'aboutissement d'une vie, d'un cheminement, d'un pèlerinage. Le dernier verset du psaume dit: " Heureux qui espère en toi ". C'est que la signification de la demeure vient de Celui qui l'habite.

Tout est dit avec ces mots si simples : le sens de notre vie monastique, le sens de notre vie humaine si courte. Aller de l'avant parce que le Seigneur nous appelle et vivre de l'espérance de la rencontre avec Lui. Sr Madeleine nous a devancés sur cette voie et nous célébrons avec elle son arrivée auprès de Dieu. Maintenant Sr Madeleine voit et comme nous voudrions voir avec elle !

Cette célébration eucharistique est véritablement une action de grâce. Nous disons merci à Dieu pour ce que Sr Madeleine a été pour nous, avec nous.

Homélie :

Souvent on parle du " dernier adieu ". Mais ce n'est pas notre sentiment. Il n'y a qu'une " remise en Dieu " (j'aurais envie d'utiliser cette expression qu'utilise sainte Jeanne de Chantal pour parler de l'oraison). Mais ce n'est pas une séparation. Ce n'est donc pas non plus notre " dernier mot ". Nous avons plutôt le sentiment que la sœur qui a terminé sa course sur la terre rejoint notre communauté au ciel. C'est un autre type de relation qui s'installe maintenant et sans doute plus intense qu'avant, parce que Sr Madeleine est dégagée des entraves de la maladie et de la faiblesse, physique et spirituelle.

Les lectures de la célébration ont été bien choisies. (1 Jn 4, 11-16 ; Mt 5, 1-11) Comment ne pas être touché par la fragilité mais en même temps par la grande gentillesse qui étaient celles de Sr Madeleine ? Elle qui avait été si énergique et active, toujours attentive aux personnes, ne pouvait plus donner qu'un sourire et quelques mots gentils, souvent les mêmes d'ailleurs. Elle restait particulièrement fidèle aux personnes de son passé - pour nous déjà un peu lointain, certainement dans le cas de Dom Marie-Albert Van der Cruyssen ou de Père Alexandre. Mais nous sommes reconnaissants pour cette fidélité.

Ce qui est frêle, gentil, petit… a toujours ému Jésus. Et c'est à eux que s'adresse ce qu'on a appelé " la charte des chrétiens ". Non, la Bonne Nouvelle n'est pas pour des gens qui se croient forts ou sont trop sûrs d'eux-mêmes. Elle est pour ceux et celles qui sont dépendants malgré eux, mais qui font de cette dépendance un acte de liberté, un " oui " à Dieu. C'est ce oui qui les ouvre à la vie.

Qui d'entre nous oubliera " Tante Mimie " quand elle disait " My dear ! " et même " I love you ", ou quand elle chantait sa petite chansonnette flamande qui n'est pas faite pour être chantée dans une église ? Mais le fait que c'est cela que nous retenons montre et démontre que notre façon d'être en relation est la chose la plus importante. C'est plus une question d'être que de faire ou d'avoir. Et ces relations n'ont pas besoin de beaucoup de choses. Seulement d'un cœur qui bat au rythme de l'amour.
Que le Seigneur accueille Sr Madeleine. Et que Sr Madeleine prépare notre place auprès du Seigneur, notre Dieu désirable, en qui nous espérons.

 

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Ce vendredi 26 octobre,

les moniales de l'Abbaye ND de Brialmont ont élu comme abbesse Mère Marie-Pascale DRAN, pour un mandat à durée non déterminée.

Dom Lode van Hecke, Abbé d'Orval et Père immédiat de Brialmont, ayant reçu la confirmation de cette élection par Dom Bernardo Olivera, Abbé Général,

Mère Marie-Pascale a été installée le même jour.

Ce 21novembre 2007, elle a reçu la bénédiction abbatiale lors de l'Eucharistie présidée par Monseigneur Aloys Jousten, évêque de Liège.

 

Ci-dessous, des photos de la bénédiction abbatiale.

Dom Lode, lors de la lecture de l'Evangile

Nombreux sont les moines et moniales de Belgique, de France, d'Allemagne, qui avaient fait le déplacement pour assister à l'Eucharistie. De même, une bonne trentaine de prêtres ainsi que des laïcs, amis, proches et bénévoles de l'abbaye de Brialmont étaient présents. Après l'interrogatoire de l'abbesse élue et le prosternement pendant le chant de la litanie des Saints, Mère Marie-Pascale a reçu de l'Evêque la Règle de Saint Benoît et l'anneau abbatial.

L'interrogatoire de l'abbesse élue

 

Le prosternement pendant le chant de la Litanie des Saints

La prière de bénédiction

 

La remise de la Règle de Saint Benoît et de l'anneau abbatial

A l'issue de l'Eucharistie, la communauté de Brialmont a offert le verre de l'amitié à tous les invités, suivi d'un bon buffet froid. Ce fut une belle journée, très réussie et pleine de joie.

 

Mère Marie-Pascale et les soeurs de Brialmont comptent sur votre prière et votre amitié.

Elles vous assurent de leur communion fraternelle dans la prière à toutes vos intentions.

Nous souhaitons à notre nouvelle mère abbesse un fécond mandat!

 

Homélie de Monseigneur Aloys Jousten

Bénédiction abbatiale de Mère Marie-Pascale, ocso

Brialmont, 21 novembre 2007
Is 66, 1-14 ; Ep 1, 3-6. 11-12 ; Jn 2, 1-12
Chers Pères Abbés,
Chères Mères Abbesses,
Chers confrères,
Chère communauté de Brialmont,
Chers religieuses et religieux,
Chers frères et sœurs,

Lors de l'eucharistie qui a précédé l'élection de l'Abbesse ici à Brialmont, le Père Abbé d'Orval a insisté sur la force de la Résurrection que toute communauté monastique et religieuse est appelée à accueillir et à laisser se déployer en elle. Cette force de la Résurrection n'est autre que l'Esprit Saint qui reposait sur Jésus. L'abbesse est élue et appelée pour assurer le service de l'unité ainsi que le service de l'amour de Dieu et des hommes. L'unité de la communauté est comme le thermomètre ou le baromètre de son amour de Dieu et des hommes. Sa crédibilité en dépend. L'abbesse est là comme le Christ qui rassemble dans l'unité: Désormais je ne suis plus dans le monde; eux, ils sont dans le monde, et moi je vais vers toi. Père saint, garde-les dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné en partage, pour qu'ils soient un comme nous sommes un… Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, afin que le monde croie que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé... Je leur ai fait connaître ton nom, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. (Jn 17)
Chères moniales de Brialmont,
En écoutant l'Evangile des noces de Cana, vous vous êtes dit, je crois le deviner: C'est de nous qu'on parle; nous n'avons pas de vin; nos ressources humaines sont plutôt faibles. Nous aurions tellement envie de dire à Jésus notre préoccupation. Est-ce qu'il nous dirait comme à sa mère : Que me voulez-vous? Mon heure n'est pas encore venue? L'histoire de Cana ne se termine pas sur cette réplique; non, elle a une suite surprenante qui provoque l'étonnement et la bonne humeur de tous.
Marie ne s'est pas laissé décontenancer par la réponse de son fils. Elle dit aux serviteurs: Faites tout ce qu'il vous dira.
Chères sœurs, votre abbesse représente au milieu de vous le Christ. On peut interpréter cette affirmation de la Règle de saint Benoît de plusieurs façons. Soit on souligne que l'Abbesse représente effectivement le Christ; soit, on met en relief que le Christ est le premier de la Communauté et que l'Abbesse et vous toutes êtes appelées à le servir en faisant ce qu'il vous dira. Toute la communauté, en effet, est appelée à vivre le projet du Christ. Le vœu d'obéissance donne corps à la soumission à ce projet-là. Ensemble, vous chercherez dans la prière et dans l'échange entre vous ce que le Seigneur attend de vous dans les circonstances actuelles.
En élisant une nouvelle abbesse, vous avez fait preuve de foi et d'espérance. Dieu est avec vous; il est en route avec vous; vous êtes invitées à vivre l'aujourd'hui de Dieu. Je le répète: l'élection de l'abbesse est un acte de foi et d'espérance. Par-là, vous confirmez votre adhésion au Christ, votre confiance que, avec vos cinq pains et vos deux poissons, le Seigneur est capable de faire de votre monastère un signe de son Royaume; vous manifestez votre espérance que le projet de Dieu englobe nos projets et donne un sens à nos pauvretés. Je ne puis m'empêcher de songer à la parole de Jésus aux serviteurs du mariage à Cana: Remplissez d'eau les cuves. Maintenant, puisez et portez-en au maître du repas.
Chères sœurs, il faut bien reconnaître que votre situation n'est pas aisée. À la limite, vous vous dites peut-être: Ah! Si encore nous pouvions remplir les six cuves de pierre, ne fût-ce que d'eau! Vous êtes peu nombreuses et plutôt âgées et vos forces diminuent. Pourtant, je suis convaincu que le miracle de Cana est en train de se réaliser chez vous. Ne pensez-vous pas que la constatation de la diminution des forces vives vous sollicite à approfondir votre vie monastique, à vous serrer les coudes non seulement sur le plan du travail manuel, mais plus encore au niveau de la vie spirituelle et fraternelle? Je suis sûr que la qualité de votre vie monastique n'a pas baissé, bien au contraire. Qui a parlé du bon vin servi après le moins bon?
Chères sœurs, personne d'entre nous ne sait de quoi demain sera fait. Au niveau du diocèse, au niveau de pratiquement toutes les communautés religieuses, au niveau des communautés paroissiales, la question est récurrente: Qu'allez-vous faire si demain il n'y a plus…? Chacun de nous entend cette question et, soyons sincères, il se la pose lui-même. J'y réponds en disant que je n'en sais rien, mais qu'une chose est certaine, c'est que nous vivons aujourd'hui et que l'aujourd'hui est le lieu et le temps où l'Esprit nous travaille. C'est pourquoi, chères Sœurs, vous êtes pour moi, pour nous un encouragement à vivre, à notre tour, l'aujourd'hui de Dieu. Je vous remercie pour votre courage, pour votre foi et votre espérance, car, comme je l'ai dit, votre démarche d'élection confirme votre oui au moment présent. C'est par la fidélité au moment présent que nous préparons l'avenir, un avenir dont nous ne savons pas comment il se présentera. Cela me fait dire que vous êtes du bon vin…
Chère Mère Marie-Pascale! Ce que je viens de dire à la communauté qui vous a élue, je vous le dis également, car il s'agit de votre communauté. Vous êtes appelée à y être le signe du Christ. Vous rappellerez à vos consœurs que vous êtes enracinées dans l'amour de Dieu, choisies en Jésus Christ pour être saintes et irréprochables sous son regard, destinées à devenir son peuple. Avec ces belles formules, l'apôtre Paul décrit toute la beauté de notre vocation de chrétiens (cf. Ep 1, 4-5. 10-11). Vous direz avec le Livre d'Isaïe: De même qu'une mère console son enfant, moi-même je vous consolerai; dans Jérusalem vous serez consolés. Vous le verrez, et votre cœur se réjouira; vos membres, comme l'herbe nouvelle, seront rajeunis. Et le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs. (Is 66, 13-14)
Chère Mère Abbesse! Si la foi, l'espérance et la charité vous habitent, si la vie évangélique vous rend heureuse, vous serez à même de conduire la barque. Vous serez, comme le dit la Règle de saint Benoît, serviteur plutôt que maître; vous serez dans la joie, parce que le troupeau grandit, parce que les forts veulent en faire plus et que les faibles ne se découragent pas.
Toute l'assemblée qui vous entoure en ce jour de votre bénédiction vous est proche dans la prière. Nous prions avec vous et pour vous afin que vous puissiez assumer et accomplir votre mission avec beaucoup de joie et de sérénité, avec beaucoup de sagesse et de force.
Nous continuerons à compter sur vous et sur votre communauté, car le monastère de Brialmont est un lieu important pour la vitalité spirituelle de notre diocèse, en particulier pour la région liégeoise. Lors de son voyage en Autriche, le Pape Benoît XVI a visité un monastère cistercien et s'est adressé aux moines. Il leur a dit notamment: Votre premier service au monde doit être votre prière et la célébration de l'office religieux. La disposition intérieure de chaque prêtre et de chaque personne consacrée doit être celle de "ne rien préférer au service de Dieu". La beauté d'une telle attitude intérieure s'exprimera dans la beauté de la liturgie, de telle sorte que là où nous nous unissons pour chanter, louer, célébrer et adorer Dieu, un peu de ciel est présent sur terre. S'adressant aux fidèles, le Pape poursuivait: Prenez vos abbayes et vos monastères pour ce qu'ils sont et souhaitent toujours être: un lieu de force spirituelle. Utilisez donc ces sources de la proximité de Dieu dans votre pays, chérissez les communautés religieuses, les monastères et les abbayes et prenez en considération le service spirituel que les personnes consacrées sont prêtes à vous offrir. (DC 7 octobre, p. 844)
Chers frères et sœurs, chers membres de la famille Dran, chers amis de Brialmont, voilà ce que la bénédiction de l'abbesse de ce monastère me pousse à vous dire en écoutant en premier lieu la Parole de Dieu. À Mère Marie-Pascale et à ses consœurs, nous présentons nos meilleurs vœux que nous portons maintenant devant le Seigneur dans notre prière. Puisse Brialmont continuer à être une bénédiction, du bon vin pour nous tous. Amen.

+ Aloys Jousten
Evêque de Liège

Message de Mère Marie-Pascale à la fin de la célébration, 21 novembre 2007.

Quelques mots à la fin de cette célébration que nous venons de vivre ensemble, en formant une assemblée un peu inhabituelle pour notre église de Brialmont.

Bien sûr, ces mots seront de remerciements, à l'adresse de notre évêque, des prêtres, des moines et des moniales, abbés, abbesses de notre Ordre, de l'Ordre Cistercien, bénédictins et bénédictines, amis connus depuis peu, depuis longtemps, depuis toujours… amis de Tilff, de Liège ou de plus loin, vous tous qui êtes venus manifester votre solidarité, votre communion avec la Communauté de Brialmont.

Cette Communauté de Brialmont, si fragile mais si vaillante, est tout à fait consciente que sa force n'est pas en elle, mais vient de l'amour dont Dieu l'entoure et qui n'a pas de fin, comme l'exprime l'un des signets que vous avez reçus en même temps que votre livret. Le second signet reconnaît que la source de la vie, pour nous aussi, à Brialmont, est en Dieu, et pas ailleurs. Vous l'aurez compris, notre célébration de ce jour n'a rien de triomphant, la devise choisie l'exprime aussi. Pour ceux qui connaissent le texte de la Règle de Saint Benoît, vous aurez reconnu l'avant-dernier verset de la Règle, qui est loin d'être comme le bouquet final d'un feu d'artifice.

Saint Benoît écrit : " toi, c'est-à-dire tout homme, qui te presses vers la patrie du ciel, accomplis AVEC L'AIDE DU CHRIST cette toute petite Règle, écrite pour des débutants ".

Une toute petite Règle, pour une toute petite communauté, notre objectif n'est vraiment pas d'atteindre les plus hauts sommets de la perfection, de la réussite, mais de suivre chaque jour le Christ sur les chemins de sa Pâque. Dom Mauro, l'Abbé Général de nos Frères Cisterciens, commente ce passage de la Règle d'une manière surprenante : " Le but de la vie monastique est d'être toujours au commencement du chemin, le plus important n'est pas la perfection, mais c'est le chemin vers Dieu ". Il continue même : " si vous cherchez une méthode pour atteindre la perfection, allez-vous-en ! Parce qu'ici vous pouvez seulement suivre le Christ jour après jour sur les chemins de sa Pâque jusqu'à ce qu'Il vienne… "
Nous renouvelons aujourd'hui avec vous notre désir de suivre le Christ, en comptant sur sa grâce qui ne nous fait jamais défaut, à travers toute joie et à travers toute détresse.

Merci donc encore une fois à vous tous pour votre amitié, votre soutien dans la prière, et votre aide dans notre quotidien.

Cet après-midi, notre évêque rencontre tous les prêtres du diocèse de Liège à Banneux, ce n'est donc pas le moment de nous attarder en longs discours, je vais simplement vous inviter toutes et tous à un verre d'amitié, que nous prendrons en sortant de cette célébration, il suffira de nous diriger à travers la cour Saint Bernard vers le réfectoire de communauté. Ensuite, prêtres, moines, moniales et amis, vous serez accueillis au réfectoire des hôtes pour un buffet qui devrait vous permettre de vous restaurer, de partager un moment de convivialité mais permettre aussi à notre évêque et aux prêtres du diocèse … d'être à l'heure pour la Rencontre à Banneux, à 14 heures !

Gardons vivant le souvenir de cette célébration, gardons encore plus vivant le souci de servir le Seigneur de notre mieux, à l'exemple de la Vierge Marie, aujourd'hui et demain. C'est Lui qui tient en sa main notre présent et notre avenir, nous sommes sûrs que son dessein bienveillant s'accomplira en nous et autour de nous.